Aujourd’hui il est difficile de se passer des terres rares, dans un monde où les besoins technologiques (voir l'utilisation des terres rares) ne cessent de croître et où l'on cherche désespérément à se débarrasser des énergies fossiles, un monde sans exploitation des terres rares est une chimère.
Cependant face aux impacts que peut causer l’exploitation des terres rares (voir les impacts écologiques), il serait judicieux de limiter leur utilisation lorsque c’est possible, de trouver des alternatives et d’investir davantage dans des filières de recyclage des terres rares. Cela nous permettrait de rentrer dans un système d’économie circulaire, beaucoup plus vertueux et moins coûteux pour l’environnement.
Le recyclage des terres rares à partir de produits électroniques usagés gagne en importance, bien qu'il reste techniquement difficile et économiquement peu rentable à grande échelle. Des recherches sont également menées pour développer des substituts à certaines terres rares dans des applications spécifiques, visant à réduire la dépendance à ces ressources critiques. Par exemple, des chercheurs de l'Université du Commonwealth de Virginie ont réussi à mettre au point des nanoparticules à base de fer, de cobalt et de carbone comme alternative potentielle aux aimants contenant des terres rares. Ces nanoparticules possèdent des propriétés d'aimantation proches des aimants de type néodyme-fer-bore (Nd-Fe-B) couramment utilisés, et peuvent stocker des informations jusqu'à 517°C. Bien que cette solution ne soit pas encore applicable à grande échelle, elle illustre les efforts de recherche en cours pour trouver des substituts aux terres rares dans certaines applications spécifiques.
L’économie circulaire — @ademe / En savoir plus
Une autre piste d’amélioration serait de diversifier les producteurs et donc d'empêcher le monopole d’un seul pays. Investir dans les terres rares en Europe pourrait entre autres réduire l’impact écologique (voir l'impact écologique) de ces dernières puisque cela réduirait les transports, cela permettrait aussi d’éviter certains conflits autour de ces ressources (voir les enjeux géopolitiques) et de contrôler les conditions de travail des employés (voir les conditions sociales).
L'exploration de nouveaux gisements, notamment dans les fonds marins, offre des perspectives intéressantes mais soulève également des préoccupations environnementales. Des pays comme les États-Unis, l'Australie et le Canada cherchent à développer leur propre production pour diversifier les sources d'approvisionnement et réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine. En juillet 2020, le Japon a mené une excavation test d'un mont sous-marin riche en cobalt dans le Pacifique. Cette opération brève a eu des impacts significatifs : un mois après, la densité des animaux marins avait fortement diminué. Treize mois plus tard, elle restait inférieure de 43% dans les zones directement touchées et de 53% dans les zones adjacentes. Cette étude, publiée dans Current Biology, a fourni des preuves concrètes des effets à long terme de l'exploitation minière sous-marine sur les écosystèmes, influençant ainsi les débats sur l'exploitation future des fonds marins.
Il nous semble important que cette exploitation ne se fasse pas au détriment des populations locales (voir les impacts sociaux) et en limitant au maximum les risques de pollution de l’écosystème (voir les enjeux écologiques).